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Vitiligo et épilation laser : peut-on faire des séances ?

Avoir du vitiligo n’interdit pas, en soi, de faire une épilation laser. Ce n’est pas une contre-indication absolue, mais c’est une situation qui demande un examen médical avant de commencer, parce que deux questions bien différentes se posent. La première est celle de l’efficacité : le laser vise la mélanine du poil, or les poils qui poussent dans une plaque dépigmentée deviennent souvent blancs, et un poil blanc ne répond pas. La seconde est celle de la sécurité : sur une peau prédisposée, une agression cutanée peut faire apparaître de nouvelles taches, c’est le phénomène de Koebner. Rien de tout cela ne ferme la porte, mais tout cela se discute avant la première séance.

Ce qu’est le vitiligo

Le vitiligo est une maladie auto-immune de la peau : l’organisme s’en prend à ses propres mélanocytes, les cellules qui fabriquent la mélanine. Là où ces cellules disparaissent, la peau perd sa couleur et laisse des taches blanches bien limitées, appelées macules achromiques. Il concerne environ une personne sur cent, débute souvent avant trente ans et évolue par poussées, avec des périodes de stabilité et des périodes d’extension.

Les localisations habituelles sont le dos des mains, les poignets, le pourtour de la bouche et des yeux, les aisselles, les aines, ainsi que les zones soumises aux frottements. Le vitiligo n’est pas contagieux, il n’est pas douloureux, et il ne fragilise pas la peau au sens mécanique. Il la prive en revanche de sa protection naturelle contre le soleil, ce qui rend la photoprotection indispensable sur les plaques.

Le laser cible la mélanine, donc la couleur du poil décide de tout

L’épilation laser repose sur un principe simple : le faisceau est absorbé par la mélanine contenue dans le poil, se transforme en chaleur et détruit les structures qui font repousser ce poil. Tout dépend donc de ce que contient le poil, et pas seulement de la couleur de la peau autour.

Dans une plaque de vitiligo, deux cas de figure existent. Soit les poils sont restés pigmentés : la situation est alors techniquement favorable, puisque le contraste entre une peau devenue blanche et un poil foncé est le contraste idéal pour un laser d’épilation, avec une peau qui absorbe très peu l’énergie. Soit les poils ont blanchi à leur tour, ce qu’on appelle une leucotrichie : il n’y a plus de cible, et aucune séance, aucun réglage, aucune technologie ne changera ce fait.

C’est pour cette raison que l’examen de la zone compte plus que le diagnostic lui-même. Un vitiligo des aisselles avec des poils encore noirs et un vitiligo des mêmes aisselles avec des poils devenus blancs ne débouchent pas du tout sur la même proposition. Dans le second cas, l’épilation électrique reste la seule technique qui détruit le poil sans dépendre de son pigment, et elle se pratique poil par poil, sur des surfaces raisonnables.

Le vrai point de vigilance : le phénomène de Koebner

Chez certaines personnes atteintes de vitiligo, une agression de la peau peut faire naître une nouvelle plaque exactement à l’endroit agressé. Une coupure, une brûlure, un frottement répété, une cicatrice, un tatouage ou une épilation à la cire peuvent suffire. C’est le phénomène de Koebner, aussi appelé phénomène isomorphique, et c’est lui qui justifie la prudence avec toute technique qui chauffe la peau.

Des cas de dépigmentation apparue après une séance de laser ou de lumière pulsée sont rapportés dans la littérature dermatologique et font l’objet de recommandations d’experts. Le phénomène reste rare, mais il est documenté, et il concerne davantage les personnes qui ont déjà un vitiligo ou un terrain auto-immun.

En pratique, cela ne signifie pas qu’il faut renoncer, mais que l’on avance autrement : on ne traite pas une maladie en pleine poussée, on commence par un test sur une petite surface, on laisse un délai d’observation avant d’étendre, et on adapte les réglages plutôt que de chercher la performance. Il faut aussi rappeler que la cire, le rasage agressif et les frottements traumatisent la peau eux aussi : chez certains patients, une épilation laser bien conduite devient au contraire un moyen d’arrêter ces agressions répétées.

Vitiligo stable ou vitiligo actif : la question qui commande la décision

Un vitiligo est dit stable lorsque les plaques n’ont ni progressé ni augmenté en nombre depuis six à douze mois. Dans cette situation, une épilation laser peut se discuter sereinement, avec les précautions habituelles et l’accord du dermatologue qui suit le patient.

Un vitiligo est dit actif lorsque de nouvelles taches apparaissent, que les bords s’étendent ou que la dépigmentation est récente. Dans ce cas, la position raisonnable est d’attendre. Traiter une peau en pleine évolution rend impossible de savoir si une nouvelle plaque vient de la maladie ou de la séance, et prive le patient comme le médecin de tout repère.

Cette évaluation ne s’improvise pas en cabine : elle demande un interrogatoire précis, un examen des plaques, parfois des photographies de suivi, et un échange avec le dermatologue traitant.

Les traitements du vitiligo à signaler avant une séance

Le vitiligo se traite, et ses traitements interfèrent avec le laser. La photothérapie UVB à spectre étroit et le laser excimer 308 nanomètres exposent volontairement la peau aux ultraviolets : une peau récemment photothérapée se comporte comme une peau bronzée sur les zones encore pigmentées, ce qui augmente le risque de brûlure. On respecte donc un délai entre les deux, dans les deux sens.

Les dermocorticoïdes et les inhibiteurs de la calcineurine appliqués sur les plaques modifient l’état de la peau, tout comme les traitements plus récents prescrits par le dermatologue. Aucun de ces traitements n’interdit par principe une épilation laser, mais tous doivent être signalés en consultation, avec leur rythme d’application, pour décider ensemble du moment et de la zone à traiter.

Comment on procède au cabinet

La démarche commence toujours par une consultation médicale : nature et ancienneté du vitiligo, dernière poussée, traitements en cours, phototype, examen de chaque zone concernée et surtout couleur réelle des poils qui s’y trouvent. Cet examen permet d’annoncer un objectif honnête avant d’engager quoi que ce soit, plutôt que de vendre des séances sur des poils qui ne répondront pas.

Vient ensuite un test sur une petite surface, un délai d’observation, puis l’extension progressive si tout se passe bien, avec un refroidissement soigneux et une photoprotection stricte sur les plaques dépigmentées. C’est le sens d’une épilation laser à Rouen pratiquée par un médecin : examiner la peau avant de la traiter, et dire quand la réponse est non.

Un point mérite d’être répété, parce que la confusion est fréquente : le laser d’épilation ne traite pas le vitiligo et ne repigmente rien. Il agit sur le poil, pas sur la tache. La prise en charge de la dépigmentation elle-même relève du dermatologue.

FAQ : vitiligo et épilation laser

Le vitiligo est-il une contre-indication à l’épilation laser ?

Non, pas en soi. C’est une situation qui demande une évaluation médicale avant de commencer, parce qu’elle pose une question d’efficacité, liée à la couleur des poils, et une question de sécurité, liée au risque de déclencher une nouvelle plaque sur une peau prédisposée.

Chez une personne prédisposée, une agression de la peau peut faire apparaître une plaque à l’endroit agressé : c’est le phénomène de Koebner. Des cas après laser ou lumière pulsée sont décrits, ils restent rares, et ils justifient un test préalable et des réglages prudents.

Non. Le laser a besoin de mélanine dans le poil pour agir. Un poil devenu blanc n’offre plus de cible, quelle que soit la machine utilisée. Seule l’épilation électrique permet de traiter ces poils, en les détruisant un par un.

Non. Il agit sur le poil, pas sur la couleur de la peau. Le traitement de la dépigmentation relève du dermatologue, avec des moyens spécifiques comme la photothérapie ou le laser excimer, qui n’ont rien à voir avec un laser épilatoire.

Oui. Une peau récemment exposée aux ultraviolets réagit comme une peau bronzée sur les zones encore pigmentées, avec un risque de brûlure plus élevé. Un délai est respecté dans les deux sens, et le rythme est décidé avec le dermatologue.

Il est préférable d’attendre. Tant que de nouvelles taches apparaissent ou que les plaques s’étendent, on ne peut pas distinguer l’évolution de la maladie d’une réaction à la séance. On attend une période de stabilité de plusieurs mois avant de discuter le projet.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Gan SD, Graber EM. « Laser hair removal: a review ». Dermatologic Surgery, 2013. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23332016
  • Post NF, Van Broekhoven NX, Lommerts A, et al. « Expert opinion about laser and intense pulsed light (IPL)-induced leukoderma or vitiligo: a cross-sectional survey study ». Archives of Dermatological Research, 2023. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36964767

Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale ni un avis dermatologique. Le vitiligo relève d’une prise en charge dermatologique ; la possibilité de réaliser une épilation laser sur les zones concernées est évaluée individuellement au cabinet, selon l’activité de la maladie, votre peau et vos poils.

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