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Épilation laser et maladie de Verneuil : peut-on faire des séances ?

La maladie de Verneuil, aussi appelée hidradénite suppurée, est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche les plis : aisselles, aine, sillon interfessier, sous les seins. Elle se manifeste par des nodules douloureux, des abcès et parfois des trajets fistuleux qui évoluent par poussées. Son suivi est dermatologique et son traitement de fond est médical, parfois chirurgical. La question posée ici est différente et plus simple : puisque la maladie se développe autour du follicule pileux, l’épilation laser a-t-elle un intérêt, et à quelles conditions.

Pourquoi le follicule pileux est au centre de la maladie

Contrairement à une idée répandue, la maladie de Verneuil n’est pas une infection des glandes sudoripares mais une atteinte du follicule pileux. Le point de départ est une occlusion de l’unité pilo-sébacée dans les zones de plis, suivie d’une rupture du follicule dans le derme et d’une réaction inflammatoire intense. L’infection, quand elle survient, est secondaire, elle n’est pas la cause.

Ce mécanisme explique pourquoi les zones atteintes sont précisément les zones pileuses soumises au frottement et à la macération, et pourquoi le tabac et le surpoids sont des facteurs aggravants reconnus. Il explique aussi l’intérêt théorique d’une réduction durable de la densité pileuse dans les zones concernées.

Ce que le laser peut apporter, et ce qu’il ne fait pas

En détruisant le follicule, l’épilation laser retire une partie du support anatomique sur lequel la maladie s’installe. Dans les formes légères à modérées, cette réduction pileuse est utilisée comme mesure d’appoint, en complément du traitement de fond, dans l’objectif de diminuer la fréquence des poussées sur les zones traitées. Le rasage répété, souvent mal toléré et source de micro-traumatismes, devient par ailleurs inutile.

Ce que le laser ne fait pas doit être dit aussi clairement. Il ne guérit pas la maladie de Verneuil, ne traite pas un nodule ni un abcès en cours, ne referme pas une fistule et ne remplace aucun traitement prescrit par le dermatologue. Une poussée aiguë, une lésion suintante ou un abcès relèvent d’une prise en charge médicale ou chirurgicale, pas d’une séance de laser.

Quand on peut traiter et quand on reporte

Les séances se font sur peau calme, en dehors des poussées, à distance des lésions actives. Les zones porteuses de nodules inflammatoires, d’abcès, de trajets fistuleux ou de plaies ne sont pas traitées : on travaille sur la peau saine environnante, en contournant les lésions.

Une poussée survenue entre deux rendez-vous fait décaler la séance. Cette souplesse fait partie du protocole, elle n’est pas un incident. Sur une maladie qui évolue par cycles, le calendrier des séances suit l’état de la peau et non l’inverse.

Le choix du laser et le déroulement des séances

La maladie de Verneuil touche plus fréquemment des phototypes mats à foncés, chez qui le Nd:YAG 1064 nm est la longueur d’onde de référence, car il épargne davantage la mélanine de l’épiderme. Sur les phototypes clairs, l’Alexandrite reste possible. Les paramètres sont volontairement prudents, sur une peau déjà inflammatoire et souvent fragilisée par des poussées répétées.

Les zones concernées sont d’abord les aisselles et l’aine. Une épilation laser des aisselles se déroule ici comme ailleurs, rasage la veille, séances espacées de quatre à huit semaines, avec un nombre de séances généralement plus élevé que pour une demande esthétique classique et des séances d’entretien ensuite.

Prescription et prise en charge

L’épilation laser est en règle générale un acte à visée esthétique non remboursé. Il existe cependant des exceptions lorsque la pilosité relève d’une cause médicale, et la maladie de Verneuil en fait partie : une prise en charge partielle peut être envisagée, sur prescription, et à condition que l’acte soit réalisé par un médecin. Certaines mutuelles proposent par ailleurs un forfait.

Cela suppose un dossier construit avec le dermatologue qui suit la maladie. C’est aussi la raison pour laquelle une épilation laser à Rouen réalisée en cabinet médical, avec un compte rendu, n’a pas la même valeur qu’une prestation en institut dans cette indication.

La place du laser dans le parcours de soins

Le laser arrive en complément, jamais en première ligne et jamais seul. Le dermatologue reste le chef d’orchestre : traitement de fond, prise en charge des poussées, avis chirurgical si nécessaire, accompagnement sur le sevrage tabagique et le poids, qui pèsent réellement sur l’évolution de la maladie.

Bien posée, la démarche est modeste dans son ambition et utile dans ses effets : moins de poils, moins de rasage, moins de frottements sur des zones qui n’en ont pas besoin. C’est à ce titre qu’elle se discute en consultation, dossier en main.

FAQ : épilation laser et maladie de Verneuil

L’épilation laser guérit-elle la maladie de Verneuil ?

Non. C’est une mesure d’appoint qui vise à réduire la densité pileuse des zones atteintes, en complément du traitement de fond prescrit par le dermatologue. Elle ne fait disparaître ni la maladie, ni les lésions déjà constituées, et ne dispense d’aucun traitement en cours.

Non. Les séances se font sur peau calme, à distance des lésions inflammatoires. Une poussée survenue entre deux rendez-vous fait décaler la séance. Les zones porteuses de nodules, d’abcès ou de trajets fistuleux sont contournées, on ne traite que la peau saine environnante.

Le Nd:YAG 1064 nm est la longueur d’onde de référence sur les phototypes mats à foncés, fréquents dans cette maladie, car il est moins absorbé par la mélanine de l’épiderme. L’Alexandrite reste utilisable sur les phototypes clairs, avec des paramètres prudents sur une peau déjà inflammatoire.

Plus que pour une demande esthétique classique, avec des séances espacées de quatre à huit semaines puis un entretien. Le calendrier dépend surtout de l’évolution de la maladie : les poussées décalent les rendez-vous, ce qui allonge la durée totale du protocole sans changer sa logique.

Une prise en charge partielle peut être envisagée lorsque la pilosité relève d’une cause médicale, ce qui est le cas de la maladie de Verneuil, sur prescription et si l’acte est réalisé par un médecin. Certaines mutuelles proposent un forfait. Le dossier se construit avec le dermatologue qui suit la maladie.

C’est indispensable. Le dermatologue reste le référent de la maladie, il précise le stade, les zones concernées et le traitement de fond en cours. Le laser s’insère dans ce parcours en complément, il ne s’y substitue jamais et ne se décide pas indépendamment du suivi.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale ni le suivi du dermatologue qui prend en charge la maladie. L’indication, les zones traitées et le calendrier des séances sont évalués individuellement au cabinet, selon le stade et l’activité de la maladie.

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