Skip to content Skip to footer
Menu Close

Épilation laser et varices : peut-on traiter les jambes ?

Beaucoup de personnes qui souhaitent une épilation définitive des jambes ont aussi des varices, des varicosités ou une sensation de jambes lourdes. La question revient à chaque consultation : le laser peut-il passer là-dessus, risque-t-il d’abîmer les veines, faut-il s’occuper des veines avant les poils ? La réponse tient en deux temps. Une épilation laser est possible sur des jambes variqueuses, et c’est même une situation courante. Mais on ne traite pas au-dessus d’une varice, et le calendrier se coordonne avec ce qui est prévu du côté veineux.

Le laser d’épilation ne vise pas les veines

L’épilation laser repose sur la photothermolyse sélective : la lumière émise, à 755 nanomètres pour l’alexandrite ou à 1064 nanomètres pour le Nd:YAG, est absorbée par la mélanine du poil, convertie en chaleur, et cette chaleur détruit les structures qui fabriquent le poil. La cible est donc le pigment du poil, dans le follicule, à un ou deux millimètres de profondeur. Une veine variqueuse est un autre tissu, situé plus profondément, avec une autre cible chromatique et d’autres réglages.

La confusion la plus fréquente vient de ce que le laser sert aussi à traiter des vaisseaux. Ce sont deux appareils et deux protocoles distincts, aux durées d’impulsion et aux fluences très différentes. Une séance d’épilation ne fait pas disparaître une varice et n’a jamais été conçue pour cela.

Pourquoi on ne passe pas directement au-dessus d’une varice

L’hémoglobine absorbe elle aussi dans le proche infrarouge, particulièrement autour de 1064 nanomètres. Une veine dilatée, superficielle et remplie de sang absorbe donc une partie de l’impulsion destinée au poil. Cela se traduit par un échauffement local non souhaité, une douleur nettement plus vive au moment du tir, et un risque de brûlure superficielle, de purpura ou de pigmentation résiduelle sur le trajet de la veine.

La conduite à tenir est simple et n’enlève presque rien au résultat : on repère les trajets variqueux, on les contourne en gardant une marge de sécurité de quelques millimètres, et on adapte la fluence sur les zones voisines. Sur une épilation laser des demi-jambes, la surface réellement exclue reste minime au regard de la surface traitée, et le rendu visuel n’en souffre pas.

Varicosités et télangiectasies, le cas le plus fréquent

Il faut distinguer les varices tronculaires, qui sont des veines dilatées, saillantes et parfois palpables sous le doigt, des varicosités et télangiectasies, ces fins vaisseaux rouges ou violacés qui dessinent des réseaux en surface. Les secondes sont très fréquentes sur les cuisses et les mollets et ne contre-indiquent pas l’épilation laser.

On observe parfois sur ces réseaux une réaction plus marquée : une rougeur qui persiste un peu plus longtemps, occasionnellement un purpura discret qui s’efface en quelques jours. Ce n’est pas une complication, mais c’est une raison de les signaler avant la première séance.

Phlébite, anticoagulant, chirurgie veineuse récente

Un antécédent de thrombose veineuse profonde récente conduit à reporter, le temps que la situation soit stabilisée et validée par le médecin qui suit. Le traitement anticoagulant, en revanche, n’est pas une contre-indication en soi : l’épilation laser ne traverse pas la peau, il n’y a ni aiguille, ni incision, ni saignement. Les ecchymoses apparaissent simplement un peu plus facilement. Un traitement anticoagulant ne doit jamais être interrompu pour une séance d’épilation.

Après une sclérothérapie ou une chirurgie veineuse, on laisse passer du temps. La sclérothérapie laisse fréquemment des hématomes et une pigmentation brunâtre le long des vaisseaux traités, et cette pigmentation est précisément ce qu’il ne faut pas exposer au laser d’épilation. Quelques semaines de délai, à caler avec le phlébologue ou le chirurgien vasculaire, évitent le problème.

Dans quel ordre s’y prendre

Si une prise en charge veineuse est déjà programmée à court terme, il est souvent plus logique de la faire passer d’abord : la peau est ensuite plus simple à traiter, les repères ont changé et le protocole d’épilation se construit sur une situation stable. Si rien n’est prévu et que les varices sont simplement surveillées, l’épilation n’a aucune raison d’attendre. Ce sont deux prises en charge indépendantes, qui se coordonnent sans se conditionner.

Comment se déroule une séance sur des jambes concernées

Un détail pratique compte plus qu’on ne l’imagine : le repérage se fait debout, avant l’installation. Une varice se vide en position allongée et devient bien moins visible, au point de passer inaperçue une fois la patiente sur la table. Les trajets sont donc identifiés et marqués en position debout, puis contournés pendant la séance.

Le reste ne change pas d’une épilation laser à Rouen classique : rasage la veille, peau propre et sans crème, refroidissement pendant les tirs, séances espacées de six à huit semaines sur les jambes, où le cycle pilaire est plus lent qu’au visage. Après la séance, les bas de contention se remettent normalement, et l’on évite le soleil, les bains chauds et le sauna pendant quelques jours, la chaleur étant mal supportée par une circulation veineuse déjà en difficulté.

Des varices ne ferment donc pas la porte à une épilation définitive des jambes. Elles imposent un examen debout, un contournement des trajets veineux et une coordination avec le suivi phlébologique. C’est du travail de repérage, pas une contre-indication.

FAQ : épilation laser et varices

L’épilation laser peut-elle faire disparaître mes varices ?

Non, et ce n’est pas son objet. L’énergie est absorbée par la mélanine du poil, dans le follicule, avec des réglages conçus pour cette cible. Le traitement des varices relève de la phlébologie et, quand il fait appel au laser, d’un appareil vasculaire différent, avec d’autres longueurs d’onde et d’autres durées d’impulsion.

Non, à condition de ne pas traiter directement au-dessus des trajets variqueux. C’est la règle appliquée en séance : les veines sont repérées debout, marquées, puis contournées avec une marge. Il n’y a pas d’effet à distance sur le réseau veineux, ni d’aggravation démontrée de l’insuffisance veineuse.

Oui. Les varicosités et télangiectasies ne contre-indiquent pas l’épilation. Elles justifient simplement de prévenir avant la première séance : sur ces réseaux, la rougeur peut durer un peu plus longtemps et un purpura discret peut apparaître, sans conséquence, mais les réglages en tiennent compte.

Quelques semaines en général, le temps que les hématomes se résorbent et que la pigmentation brune laissée le long des vaisseaux traités s’estompe. Cette pigmentation est le vrai motif du délai : elle absorbe la lumière du laser et expose à une brûlure superficielle.

Le traitement anticoagulant n’est pas une contre-indication à l’épilation laser, qui ne traverse pas la peau et ne provoque pas de saignement. Les ecchymoses sont un peu plus faciles, sans plus. En revanche, une thrombose récente conduit à reporter les séances, et un anticoagulant ne doit jamais être arrêté pour une épilation.

Oui, la contention se reprend normalement dès que la peau n’est plus sensible, en général le jour même. Il n’y a pas de raison d’interrompre un traitement de fond de l’insuffisance veineuse pour une séance d’épilation. On évite en revanche la chaleur, bains chauds et sauna, pendant quelques jours.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale ni le suivi assuré par le phlébologue ou le chirurgien vasculaire. L’examen des jambes, les zones traitées et le calendrier des séances sont évalués individuellement au cabinet.

Leave a Comment