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Épilation laser et taches de rousseur : vont-elles disparaître, est-ce un risque ?

Une peau claire semée de taches de rousseur, des poils bruns sur les jambes ou les aisselles, et une hésitation devant le laser : va-t-il effacer les taches au passage, ou les abîmer ? La question revient souvent, et elle en cache une seconde, plus décisive pour le résultat : la couleur des poils.

Ce qu’est une tache de rousseur, et pourquoi le laser la voit

Les taches de rousseur, ou éphélides, sont de petits amas de mélanine dans l’épiderme. Elles sont d’origine génétique, apparaissent dès l’enfance sur les peaux claires, foncent l’été et pâlissent l’hiver. C’est ce qui les distingue des lentigos, ces taches brunes plus fixes qui apparaissent avec les années sur les zones exposées au soleil.

Le laser d’épilation, lui, ne cherche qu’une chose : la mélanine. L’Alexandrite 755 nm et le Nd:YAG 1064 nm sont absorbés par le pigment du poil, qui transmet la chaleur au follicule. Mais le faisceau ne distingue pas la mélanine d’un poil de celle de la peau. Sur une peau claire, le contraste est idéal. Une tache de rousseur, elle, est un petit îlot de pigment au milieu de cette peau, et elle capte une part de l’énergie.

Les taches de rousseur partent-elles avec l’épilation laser ?

Pas vraiment, mais elles s’éclaircissent parfois. Au fil des séances, les taches de la zone traitée deviennent souvent plus discrètes. Il arrive aussi qu’une tache fonce juste après un tir, forme une fine croûte et s’en aille en une semaine. Ce n’est ni un accident ni un traitement : c’est l’effet d’un laser qui vise le pigment, à des réglages prévus pour le poil.

L’effet est connu et mesuré. En 2007, une équipe a utilisé le même laser Alexandrite à impulsion longue que celui de l’épilation, avec des impulsions de 3 à 60 millisecondes, pour traiter des taches solaires chez dix-huit patients à la peau claire : une seule séance a nettement éclairci les taches, les plus foncées répondant le mieux. Un détail compte : le refroidissement de la peau, systématique pendant une épilation, relevait le seuil d’énergie nécessaire pour effacer une tache. Les réglages d’épilation protègent donc en partie le pigment de la peau : les taches de rousseur sont atténuées, rarement effacées, et elles reviennent avec le soleil suivant.

Est-ce un risque pour la peau ?

Non, à une condition près. Une peau claire, de phototype I ou II, est celle qui tolère le mieux le laser d’épilation : elle absorbe peu l’énergie, le risque de brûlure est faible, et l’hyperpigmentation après un tir, cette tache brune qui peut suivre une réaction trop forte, y est plus rare que sur une peau mate. Une étude de 2011 menée chez vingt patients à la peau plus foncée l’illustre : l’Alexandrite à impulsion longue a éclairci les taches de rousseur aussi bien qu’un laser à impulsion courte, avec près de quatre fois moins d’hyperpigmentations secondaires.

La condition, c’est le soleil. Une peau à taches de rousseur brûle vite et bronze peu, et ses taches sont le témoin fidèle de ses expositions. Une poussée de taches fraîches sur les épaules ou les avant-bras après un week-end dehors signale une exposition récente : le médecin la traite comme un bronzage, et la séance est reportée. Avant et après chaque séance, l’éviction solaire est à prendre au pied de la lettre.

Peau rousse et poils roux : deux questions différentes

C’est le vrai sujet. Les taches de rousseur accompagnent souvent des cheveux roux ou blond vénitien, et les poils du corps suivent parfois la même couleur. Or le pigment des poils roux, la phéomélanine, absorbe très mal les longueurs d’onde du laser. La peau est parfaite pour le laser, le poil ne l’est pas : les séances donnent alors peu de résultat. Des poils bruns sur une peau claire, c’est l’inverse, et la configuration la plus favorable qui existe. Entre les deux, les poils châtain clair justifient un test sur une petite zone. Pour les poils vraiment roux, blonds ou blancs, seule l’électrolyse détruit le follicule un par un.

Ce que l’on regarde avant de tirer

L’examen de la zone distingue trois choses qui se ressemblent de loin : les taches de rousseur, que le laser peut traverser ; les grains de beauté, qui sont masqués et contournés, jamais traités ; et toute tache qui a changé de forme, de couleur ou de relief, à montrer à un dermatologue avant toute séance. Le médecin note ensuite le phototype, la couleur et l’épaisseur des poils, l’absence de bronzage, puis fait un tir-test. Si vous tenez à vos taches de rousseur, dites-le : rien ne garantit qu’elles resteront intactes, mais on en tient compte dans les réglages.

Et si l’on veut justement enlever ses taches ?

Ce n’est pas le rôle des séances d’épilation, dont les réglages visent le poil et ménagent la peau. Éclaircir des éphélides ou des lentigos est un acte distinct, avec d’autres appareils et d’autres paramètres : au cabinet, il relève du traitement laser des taches brunes, après un examen qui confirme la nature des taches. Les deux programmes peuvent coexister, en espaçant les passages sur une même zone et avec la même règle solaire.

En résumé, les taches de rousseur ne sont ni un obstacle ni un danger pour une épilation laser à Rouen. Elles peuvent pâlir un peu, elles reviendront au soleil, et la seule vraie question est la couleur des poils que l’on veut faire disparaître.

FAQ : épilation laser et taches de rousseur

Les taches de rousseur disparaissent-elles avec l’épilation laser ?

Elles s’éclaircissent parfois au fil des séances, parce que le laser vise la mélanine et qu’une tache en contient. Mais les réglages d’épilation et le refroidissement de la peau ménagent le pigment : les taches sont atténuées plutôt qu’effacées, et elles reviennent avec le soleil.

Une tache peut foncer quelques jours après un tir, former une fine croûte et tomber. C’est transitoire et sans cicatrice. L’hyperpigmentation durable est rare sur une peau claire, à condition de ne pas venir bronzée et de respecter l’éviction solaire après la séance.

Oui, c’est même la peau la plus favorable : elle absorbe peu l’énergie, ce qui limite le risque de brûlure et permet de traiter efficacement. Ce qui décide du résultat n’est pas la clarté de la peau mais la couleur des poils, qui doivent être assez foncés pour absorber le laser.

Sur la peau, oui ; sur les poils, cela dépend de leur couleur réelle. Des poils roux ou blond clair contiennent un pigment que le laser absorbe mal, et les séances donnent peu de résultat. Un test sur une petite zone le dit vite, et l’électrolyse prend le relais pour les poils trop clairs.

Il faut protéger toute la zone, et cette peau plus que les autres. Des taches de rousseur fraîchement sorties signalent une exposition récente : la séance est reportée, comme pour un bronzage. Avant et après chaque passage : pas de soleil, d’UV ni d’autobronzant.

Ce n’est pas le rôle des séances d’épilation. Éclaircir des éphélides ou des lentigos relève d’un traitement pigmentaire distinct, avec d’autres appareils et d’autres réglages, après un examen qui confirme la nature des taches.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Trafeli JP, Kwan JM, Meehan KJ, Domankevitz Y, Gilbert S, Malomo K, Ross EV. « Use of a long-pulse alexandrite laser in the treatment of superficial pigmented lesions ». Dermatologic Surgery, 2007. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18076614
  • Ho SG, Yeung CK, Chan NP, Shek SY, Chan HH. « A comparison of Q-switched and long-pulsed alexandrite laser for the treatment of freckles and lentigines in oriental patients ». Lasers in Surgery and Medicine, 2011. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21384391

Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. Toute tache pigmentée qui change d’aspect doit être examinée par un dermatologue. L’indication, la technologie et les réglages sont évalués individuellement au cabinet.

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