La sclérose en plaques modifie beaucoup de gestes du quotidien, et l’épilation en fait partie. Quand la préhension devient moins sûre, que la fatigue s’installe ou qu’une jambe répond mal, se raser devient une corvée et parfois un risque. L’épilation définitive est alors une demande très concrète, qui n’a rien de futile. Elle est possible, et les points de vigilance ne sont pas ceux que l’on imagine.
Le laser n’a aucune action sur la maladie
Il faut commencer par écarter la crainte principale. L’énergie d’un laser d’épilation est absorbée par la mélanine du poil dans les premiers millimètres de la peau, et son effet est thermique et strictement local, limité au follicule. Il n’y a aucune action sur le système nerveux central, aucune interaction avec les traitements de fond, aucun mécanisme par lequel une séance déclencherait une poussée. La sclérose en plaques n’est pas une contre-indication à l’épilation laser.
La chaleur, le point réellement spécifique
Le phénomène d’Uhthoff est bien connu des personnes concernées : une élévation de la température corporelle aggrave transitoirement les symptômes, vision trouble, faiblesse ou fatigue accrue, avec un retour à l’état antérieur une fois la température redescendue. D’où la question logique, puisque le laser chauffe.
La distinction est importante : le laser produit une chaleur locale et superficielle, sur quelques millimètres de peau, pendant quelques millisecondes. Il n’élève pas la température centrale, contrairement à un bain chaud, à un sauna ou à un effort physique, qui sont les situations classiquement en cause. Le risque de déclencher un phénomène d’Uhthoff est donc faible. Cela n’empêche pas d’être attentif au confort : traiter dans une pièce fraîche, utiliser le refroidissement de l’appareil, éviter de couvrir de très grandes surfaces d’un seul tenant et fractionner les séances en période chaude suffisent en général.
Les troubles de la sensibilité changent la surveillance
C’est le point technique le plus important, et il est souvent négligé. Sur une zone où la sensibilité est diminuée, la douleur ne joue plus son rôle d’alarme : un réglage trop élevé ne sera pas signalé par le patient au moment du tir. La conduite à tenir est de repérer précisément les territoires concernés avant de commencer, de les traiter avec des réglages plus prudents, et surtout de remplacer la surveillance douloureuse par une surveillance visuelle attentive de la réaction cutanée pendant et après la séance.
Un test préalable sur une petite surface prend tout son sens dans cette situation, et les consignes de surveillance à la maison doivent être données explicitement, puisque la personne ne ressentira pas nécessairement une brûlure débutante.
Installation, spasticité et fatigue
Une séance d’épilation impose de rester immobile dans une position donnée pendant un temps parfois long. La spasticité, les mouvements involontaires ou simplement l’inconfort d’une position prolongée compliquent cet exercice, et un mouvement au moment d’une impulsion signifie un tir hors de la zone prévue. Les réponses sont pratiques : séances plus courtes et plus nombreuses, installation calée et confortable, pauses régulières, rendez-vous programmés le matin quand la fatigue est moindre, et accompagnant si les transferts sont difficiles.
Traitements de fond et poussées
Les traitements de fond ne contre-indiquent pas l’épilation. Une nuance existe toutefois pour les molécules récentes à effet immunosuppresseur : elles justifient les mêmes précautions que dans toute situation d’immunité diminuée, à savoir une peau saine au moment de traiter, une hygiène rigoureuse ensuite et une prophylaxie antivirale en cas d’antécédent d’herpès sur la zone.
Deux situations conduisent en revanche à reporter sans discussion : une poussée en cours, période où l’on ne rajoute rien, et un traitement par corticoïdes en bolus, qui modifie transitoirement la réactivité cutanée et les défenses. On décale de quelques semaines, jamais plus. Et comme toujours, aucun traitement de fond ne se diminue ni ne s’interrompt en vue d’une séance d’épilation.
Ce que l’épilation apporte concrètement
Le bénéfice est souvent sous-estimé. Supprimer le rasage, c’est supprimer un geste répété, fatigant, réalisé sur des zones difficiles d’accès et parfois hypoesthésiques, où une coupure passe inaperçue. Sur le maillot, la question devient franchement pratique quand s’ajoutent des troubles urinaires, une protection ou des auto-sondages : une épilation laser du maillot simplifie l’hygiène quotidienne et réduit les irritations. C’est un gain d’autonomie, pas un confort accessoire.
Reste à poser le cadre. Une épilation laser à Rouen en cabinet médical permet d’adapter la durée des séances, de tenir compte des zones où la sensibilité est diminuée, de connaître les traitements en cours et d’échanger si besoin avec le neurologue qui assure le suivi. C’est ce qui distingue cette prise en charge d’une prestation standardisée en institut.
FAQ : épilation laser et sclérose en plaques
L’épilation laser peut-elle déclencher une poussée ?
Non. L’énergie du laser est absorbée dans les premiers millimètres de la peau et son effet est thermique et local, sans action sur le système nerveux central ni interaction avec les traitements de fond. Aucun mécanisme ne relie une séance d’épilation au déclenchement d’une poussée.
La chaleur du laser pose-t-elle problème avec le phénomène d’Uhthoff ?
Le risque est faible, car le laser chauffe localement et superficiellement pendant quelques millisecondes sans élever la température corporelle centrale, à la différence d’un bain chaud ou d’un effort. Par confort, on traite dans une pièce fraîche, on utilise le refroidissement de l’appareil et l’on fractionne les grandes surfaces en période chaude.
J’ai des zones où je sens moins, est-ce un obstacle ?
Non, mais cela change la méthode. Là où la sensibilité est diminuée, la douleur ne signale plus un réglage trop élevé. Ces territoires sont donc repérés avant de commencer, traités plus prudemment, et la surveillance devient visuelle, pendant la séance comme dans les jours qui suivent, avec des consignes explicites.
Peut-on faire une séance pendant une poussée ?
Non, on décale. Une poussée en cours et un traitement par corticoïdes en bolus sont deux motifs de report, le temps que la situation redevienne stable. Il s’agit de quelques semaines, pas d’un renoncement : les séances reprennent ensuite normalement.
Mon traitement de fond est-il compatible ?
Oui, aucun traitement de fond ne contre-indique l’épilation laser et aucun ne doit être modifié pour une séance. Les molécules à effet immunosuppresseur appellent simplement les précautions habituelles dans ce contexte : peau saine au moment de traiter, hygiène rigoureuse et prophylaxie antivirale en cas d’antécédent d’herpès sur la zone.
Les séances sont-elles plus longues ou plus fatigantes ?
Elles sont plutôt plus courtes et plus nombreuses. Rester immobile longtemps est difficile avec de la spasticité ou de la fatigue, et un mouvement pendant une impulsion fait manquer la zone. On fractionne donc les surfaces, on prévoit des pauses et l’on programme de préférence le matin.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Gan SD, Graber EM. « Laser hair removal: a review ». Dermatologic Surgery, 2013. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23332016
- Lim SPR, Lanigan SW. « A review of the adverse effects of laser hair removal ». Lasers in Medical Science, 2006. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16816888
Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale ni le suivi assuré par le neurologue. L’indication, les zones traitées et le calendrier des séances sont évalués individuellement au cabinet.
