Une démangeaison dans le pli de l’aine la veille d’une séance, une mycose vaginale qui revient, des taches sur le dos après l’été : la question se pose souvent au moment de confirmer le rendez-vous. La réponse est simple dans son principe. On ne tire jamais sur une peau où une mycose est active ; on la traite, on attend que la peau soit redevenue normale, puis on reprend. Ailleurs sur le corps, la séance peut le plus souvent avoir lieu. Le détail, lui, dépend du type de mycose.
Pourquoi une zone atteinte n’est pas traitée
Une mycose de la peau, c’est une inflammation : rougeur, desquamation, parfois suintement ou fissures dans les plis. Le laser chauffe le follicule à travers l’épiderme ; sur une peau déjà enflammée, cette chaleur est moins bien tolérée, la séance est plus douloureuse et le risque de brûlure superficielle ou de tache augmente, surtout sur les peaux mates. La rougeur de la mycose masque aussi la réaction normale de la peau au tir, celle que l’on surveille pour régler les paramètres.
Il y a un second argument, très concret : le rasage. Une séance se prépare au rasoir, la veille ou l’avant-veille. Passer une lame sur une mycose crée des microcoupures et transporte le champignon sur la peau voisine. C’est une des raisons pour lesquelles une mycose du maillot s’étend d’un côté à l’autre ou gagne le haut des cuisses.
Les mycoses que l’on rencontre au cabinet
La plus fréquente dans la zone du maillot est la candidose : une rougeur vive des plis, parfois brillante, avec de petites pustules autour, qui démange ou brûle, et qui accompagne souvent une mycose vaginale. Elle appartient à la famille des intertrigos, ces atteintes des plis entretenues par le frottement et l’humidité. La dermatophytie de l’aine se présente autrement : une plaque rouge à bordure nette, qui progresse vers l’extérieur, plus fréquente chez l’homme et souvent associée à une mycose des pieds. Les deux se soignent bien, en général par crème.
Le pityriasis versicolor est un cas à part. Ce n’est pas une infection des plis mais une levure de la peau qui donne des taches claires ou brunâtres, finement squameuses, sur le haut du tronc, le cou et les bras, surtout après l’été. Le champignon disparaît en quelques semaines de traitement, mais les taches claires peuvent mettre plusieurs mois à se recolorer. Pour le laser, c’est cette peau à deux tons qui compte : les réglages se font sur la partie la plus pigmentée de la zone, avec un tir-test avant d’étendre.
Combien de temps attendre ?
Le critère n’est pas une durée mais l’état de la peau : plus de rougeur, plus de squames, plus de démangeaison, plus de fissure. Pour une candidose bien traitée, c’est souvent l’affaire d’une à deux semaines ; pour une dermatophytie, le traitement dure plus longtemps et l’on attend sa fin. La zone est examinée le jour de la séance, et le médecin tranche en cas de doute. Une séance décalée de deux semaines ne compromet rien : le cycle du poil laisse cette marge.
Les traitements à signaler
La plupart des crèmes antifongiques ne posent pas de problème avec le laser, à une condition : aucune crème ne doit être appliquée sur la zone le jour de la séance, la peau doit être propre et sèche. Les traitements par la bouche se signalent, comme tout médicament, car quelques antifongiques font partie des molécules photosensibilisantes ; le médecin fait le tri. Et comme pour tout traitement, on n’interrompt jamais une cure pour avancer une séance : c’est la séance qui se décale.
Une mycose après une séance : est-ce le laser ?
Le laser ne transmet pas de champignon. Mais les jours qui suivent une séance du maillot réunissent ce que les levures aiment : une peau un peu irritée, de la chaleur, de la transpiration et des sous-vêtements serrés. Chez une personne sujette aux mycoses, une poussée peut donc suivre une séance. Une revue de 2023 sur les intertrigos rappelle que la prévention passe d’abord par la réduction du frottement et de l’humidité dans les plis. En pratique : sous-vêtements amples en coton pendant 48 heures, pas de sauna ni de sport intense, séchage soigneux après la douche. Les petits boutons rouges du jour même sont, eux, la réaction normale de la peau au tir ; une rougeur qui démange dans le pli, à bord net, ou qui s’étend après quelques jours doit être montrée au cabinet.
À plus long terme, beaucoup de patientes sujettes aux mycoses des plis constatent qu’un maillot sans poils et sans rasage reste plus sec et moins irrité. Ce n’est pas un traitement de la mycose, mais l’arrêt des microcoupures du rasoir retire une porte d’entrée.
Ce que l’on met en place au cabinet
À chaque séance, la zone est examinée avant le premier tir. Une mycose repérée se traite d’abord, et la séance est reprogrammée sur une peau saine. Pour une épilation laser du maillot, c’est un réflexe de chaque séance, car la zone est la plus exposée aux mycoses ; il vaut aussi pour les aisselles et le dos. Une épilation laser à Rouen réalisée en cabinet médical permet de faire poser le diagnostic sur place par un médecin et d’orienter vers le traitement adapté.
FAQ : épilation laser et mycose
J’ai une mycose vaginale, puis-je faire mon épilation du maillot ?
Si la peau de la zone à épiler est saine, sans rougeur ni démangeaison à l’extérieur, la séance est souvent possible, mais il faut le signaler. Si la rougeur déborde sur les plis de l’aine ou les grandes lèvres, on traite d’abord et l’on reporte la séance d’une à deux semaines.
Puis-je me raser la veille si j’ai une mycose de l’aine ?
Mieux vaut éviter. Le rasoir crée des microcoupures et transporte le champignon sur la peau voisine. Si une mycose est en cours, la séance est de toute façon reportée : traitez-la d’abord, changez de lame ensuite, et ne partagez jamais votre rasoir.
Combien de temps attendre après la fin du traitement antifongique ?
Il n’y a pas de délai fixe : on attend que la peau soit redevenue normale, sans rougeur, squame ni démangeaison. Pour une candidose, c’est souvent une à deux semaines. La zone est vérifiée le jour de la séance.
Puis-je mettre ma crème antifongique le jour de la séance ?
Pas sur la zone traitée : la peau doit être propre et sèche, sans aucun produit. Vous pouvez reprendre la crème le soir ou le lendemain, sauf indication contraire du médecin. Un traitement par la bouche se signale et ne s’interrompt pas.
Le laser peut-il donner une mycose ?
Non, le laser ne transmet pas de champignon. Mais la chaleur, la transpiration et les frottements des jours qui suivent une séance peuvent favoriser une poussée chez une personne qui y est sujette. Des sous-vêtements amples en coton et un séchage soigneux limitent ce risque.
J’ai des taches de pityriasis versicolor sur le dos, peut-on traiter ?
On traite d’abord le pityriasis, ce qui prend quelques semaines. Les taches claires peuvent ensuite mettre des mois à se recolorer ; elles n’empêchent pas toujours la séance, mais les réglages sont adaptés à cette peau à deux tons, avec un tir-test.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Łabędź N, Navarrete-Dechent C, Kubisiak-Rzepczyk H, et al. « Pityriasis versicolor: a narrative review on the diagnosis and management ». Life (Basel), 2023. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37895478
- Romanelli M, Voegeli D, Colboc H, et al. « The diagnosis, management and prevention of intertrigo in adults: a review ». Journal of Wound Care, 2023. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37405940
Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. Le diagnostic d’une mycose et son traitement relèvent du médecin ; l’indication et le calendrier des séances sont évalués individuellement au cabinet.
