C’est une des questions les plus fréquentes en consultation dès que le mot laser est prononcé : un appareil qui produit des éclairs lumineux peut-il déclencher une crise chez une personne épileptique ? La réponse courte est non, dans les conditions normales d’utilisation, et pour une raison très concrète que peu de gens connaissent avant de s’asseoir dans le fauteuil. Le vrai sujet, en revanche, se situe ailleurs que dans la lumière.
Ce que l’on voit réellement pendant une séance
Une impulsion laser produit effectivement un éclair bref et intense. Mais la pièce à main est appliquée au contact de la peau, et surtout, le patient comme l’opérateur portent pendant toute la durée de la séance des lunettes de protection opaques à la longueur d’onde utilisée. Ce ne sont pas des lunettes de confort, c’est un équipement de sécurité obligatoire, prévu d’abord pour protéger la rétine du faisceau lui-même.
Conséquence directe : dans une séance conduite correctement, la lumière émise n’atteint pas la rétine du patient. On perçoit tout au plus une variation de luminosité derrière les lunettes, sans commune mesure avec le stimulus lumineux qui préoccupe en cas d’épilepsie photosensible.
Ce qui déclenche vraiment une crise photosensible
La photosensibilité ne concerne qu’une minorité des épilepsies, de l’ordre de cinq pour cent des personnes concernées. Et le stimulus documenté n’est pas un éclair isolé : c’est une stimulation lumineuse intermittente, c’est-à-dire un clignotement répété dans une bande de fréquences allant de quelques hertz à une trentaine, avec un maximum de sensibilité autour de quinze à vingt-cinq éclairs par seconde. C’est le profil d’un stroboscope, d’un écran défectueux ou d’un trajet en voiture le long d’une rangée d’arbres au soleil couchant.
Une séance d’épilation ne fonctionne pas ainsi. Les impulsions sont séparées de plusieurs dixièmes de seconde à plusieurs secondes, le temps de repositionner la pièce à main. Un point mérite toutefois d’être posé honnêtement : certains appareils disposent d’un mode de tir rapide, dit glissé, qui enchaîne les impulsions à quelques hertz. Chez une personne ayant une épilepsie photosensible connue, ce mode est simplement écarté et l’on travaille en impulsions unitaires.
Le vrai sujet : la douleur, le stress et la fatigue
Les facteurs déclenchants les mieux établis d’une crise ne sont pas lumineux. Ce sont le manque de sommeil, le stress, l’hyperventilation, l’hypoglycémie et l’oubli du traitement. Or une séance appréhendée, longue et douloureuse, réalisée à jeun après une nuit courte, coche plusieurs de ces cases à la fois. C’est là que se joue l’essentiel de la prévention, et non dans le flash.
Les mesures qui en découlent sont simples et efficaces : programmer la séance à distance d’une nuit trop courte, avoir pris son traitement normalement, ne pas venir à jeun, prévoir des pauses, et fractionner les grandes surfaces plutôt que de tout enchaîner. Sur une épilation laser des cuisses par exemple, où une séance représente plusieurs centaines d’impulsions, il vaut mieux deux rendez-vous confortables qu’un seul rendez-vous éprouvant.
Le traitement antiépileptique n’est pas une contre-indication
Aucun antiépileptique ne contre-indique une épilation laser et aucun ne doit être modifié en vue d’une séance. Un point mérite néanmoins d’être signalé au moment du bilan : plusieurs de ces molécules, la carbamazépine en particulier, figurent parmi les médicaments photosensibilisants. Le laser n’émet pas d’ultraviolets, le mécanisme n’est donc pas le même que celui d’une exposition solaire, mais la tolérance cutanée générale peut être modifiée et cela justifie un test préalable et des réglages prudents à la première séance.
Ce que l’on met en place au cabinet
Tout commence par le fait de le dire en consultation. Une épilepsie annoncée permet d’adapter la séance : installation en position allongée plutôt qu’assise, présence d’un accompagnant si la personne le souhaite, séances plus courtes, conduite à tenir connue de l’équipe, et vérification que le traitement est bien équilibré. Une épilation laser à Rouen réalisée en cabinet médical présente ici un avantage évident sur un institut : le médecin connaît la pathologie, sait quoi faire si un malaise survient et sait aussi quand ne pas traiter.
Quand reporter une séance
Quelques situations conduisent à décaler : une crise récente, une épilepsie mal équilibrée, un traitement en cours d’ajustement, une période de privation de sommeil ou de fatigue inhabituelle. Ce sont des reports, pas des refus. Dans le doute, l’avis du neurologue qui assure le suivi tranche la question en une phrase et permet ensuite de traiter sereinement.
En pratique, une épilepsie n’empêche pas une épilation définitive. Elle demande d’être annoncée, de porter les lunettes du début à la fin, d’écarter le mode de tir rapide en cas de photosensibilité avérée, et de soigner les conditions de la séance beaucoup plus que la lumière elle-même.
FAQ : épilation laser et épilepsie
Le flash du laser peut-il déclencher une crise d’épilepsie ?
Dans les conditions normales d’utilisation, non. Le patient porte pendant toute la séance des lunettes opaques à la longueur d’onde du laser, de sorte que la lumière n’atteint pas la rétine. Et une crise photosensible est déclenchée par un clignotement répété à quinze ou vingt-cinq éclairs par seconde, pas par des impulsions espacées de plusieurs secondes.
Faut-il garder les lunettes pendant toute la séance ?
Oui, sans exception, et c’est vrai pour tout le monde, pas seulement en cas d’épilepsie. Les lunettes de protection sont un équipement de sécurité obligatoire destiné à protéger la rétine du faisceau. Elles sont mises avant la première impulsion et retirées seulement une fois l’appareil éteint.
J’ai une épilepsie photosensible, est-ce une contre-indication ?
Non, mais elle doit être signalée. Elle conduit à écarter le mode de tir rapide dont disposent certains appareils, qui enchaîne les impulsions à quelques hertz, et à travailler en impulsions unitaires. Avec les lunettes et ce réglage, le profil de stimulation n’a rien de commun avec celui qui déclenche une crise.
Faut-il l’avis du neurologue avant de commencer ?
C’est recommandé, surtout si l’épilepsie est récente, mal équilibrée ou si le traitement vient d’être modifié. L’objectif n’est pas d’obtenir une autorisation sur la lumière, qui n’est pas le sujet, mais de vérifier que la situation est stable et de connaître la conduite à tenir en cas de malaise.
Faut-il arrêter le traitement antiépileptique avant une séance ?
Jamais. Aucun antiépileptique ne contre-indique l’épilation laser et l’oubli du traitement est au contraire un facteur déclenchant classique de crise. Il faut en revanche signaler les molécules prises, certaines comme la carbamazépine étant photosensibilisantes, ce qui justifie un test et des réglages prudents.
Que se passe-t-il si une crise survient pendant la séance ?
Le traitement est immédiatement interrompu, l’appareil arrêté et la personne installée en sécurité selon la conduite à tenir habituelle. C’est précisément pour cela que l’épilepsie doit être annoncée avant la première séance et que le cadre médical du cabinet a de l’intérêt dans cette situation.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Gan SD, Graber EM. « Laser hair removal: a review ». Dermatologic Surgery, 2013. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23332016
- Haedersdal M, Gøtzsche PC. « Laser and photoepilation for unwanted hair growth ». Cochrane Database of Systematic Reviews, 2006. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17054211
Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale ni le suivi assuré par le neurologue. L’indication, les réglages et le déroulement des séances sont évalués individuellement au cabinet.
