Des années de cire, puis la décision de passer au laser, et presque toujours la même question : combien de temps après la dernière cire peut-on commencer ? Le cabinet répond trois à quatre semaines. Le chiffre se comprend mieux quand on sait ce que le laser cherche sous la peau, et ce que la cire lui enlève.
Pourquoi le laser a besoin du poil que la cire arrache
Le laser d’épilation ne voit pas le follicule. Il vise la mélanine du poil : l’impulsion est absorbée par le pigment de la tige, la chaleur descend le long du poil jusqu’au bulbe et aux cellules qui le fabriquent, et c’est cette chaleur qui détruit le follicule, à condition que le poil soit en phase de croissance, dite anagène. Sans poil, l’énergie n’a rien d’utile à chauffer.
La cire, la pince, le fil et l’épilateur électrique arrachent le poil avec sa racine. Le follicule reste en place, mais vide, et il lui faut plusieurs semaines pour produire un nouveau poil : tirer au laser dans l’intervalle ne sert à rien. Le rasoir, lui, coupe le poil au ras de la peau et laisse la tige dans le follicule. C’est pour cela qu’il est la seule méthode demandée avant une séance, la veille, pour que l’énergie ne soit pas gaspillée dans la partie visible du poil.
Combien de temps attendre après la dernière cire
Le repère du cabinet est de trois à quatre semaines, quelle que soit la zone, le temps qu’une repousse franche soit visible. Le bon critère n’est pas le calendrier mais le poil : il faut avoir quelque chose à raser la veille de la séance. Sur les jambes ou le maillot, la repousse est en général nette au bout de trois semaines ; sur le visage ou les aisselles, elle est souvent plus rapide.
Le délai concerne tout ce qui arrache. Les crèmes dépilatoires, elles, dissolvent le poil en surface et laissent la racine en place : elles ne posent pas le même problème, mais elles irritent la peau et s’arrêtent plusieurs jours avant la séance, le temps qu’elle soit calme ; sur le visage, on les écarte comme la cire. La décoloration est à proscrire dans les trois semaines qui précèdent : un poil décoloré a perdu la mélanine que le laser cherche.
Des années de cire sont-elles un handicap ?
Non. Un poil qui repousse après avoir été arraché repart en phase de croissance : si le délai est respecté, la première séance tombe sur une pilosité largement en anagène, exactement la cible du laser. Une étude pilote de 2003 chez treize hommes a même testé l’inverse de la consigne habituelle : des carrés du dos épilés à la cire deux semaines avant une séance de laser Alexandrite étaient, un mois plus tard, plus dégarnis que les carrés simplement rasés, chez douze participants sur treize. Les auteurs y voyaient un recrutement des poils en début de croissance.
Il faut garder à cette étude sa taille : treize personnes, une seule zone, un mois de recul, et aucun essai de grande ampleur ne l’a confirmée. On n’en tire pas une consigne de faire une cire avant le laser, mais une certitude utile : le passé de cire ne diminue pas la réponse au laser. Ce qui la diminue, c’est la finesse et la clarté du poil : des années d’arrachage ont parfois affiné certains poils, surtout sur le visage, et ceux-là répondront moins bien.
Ce que la cire a laissé sur la peau
L’arrachage répété laisse des traces que l’on examine avant le premier tir. Les poils incarnés et les boutons de folliculite sont fréquents après la cire, surtout sur le maillot et les jambes : une zone enflammée est calmée avant d’être traitée, et le laser, en supprimant le poil, fait ensuite disparaître la cause. Les taches brunes laissées par les irritations successives ne relèvent pas du laser d’épilation ; elles s’estompent une fois l’arrachage arrêté, et elles comptent dans le choix des réglages, comme un bronzage. Enfin, une cire faite la veille laisse une peau rouge et sensibilisée, sur laquelle on ne tire pas.
Entre les séances : le rasoir, et rien d’autre
Une fois le programme commencé, la règle vaut jusqu’à la dernière séance. Dans les une à trois semaines qui suivent un tir, les poils traités sont expulsés par la peau : ils semblent repousser, puis tombent d’eux-mêmes. Les arracher à la cire n’accélère rien et retire, pour la séance suivante, les poils qui n’avaient pas encore été atteints. Entre deux rendez-vous, six à huit semaines sur le corps, environ quatre sur le visage, on se rase autant qu’on veut, et c’est tout. Une épilation laser des demi-jambes menée ainsi voit la densité baisser séance après séance.
Si la cire est trop récente le jour de la séance
Il faut le dire, et la séance est reportée. Ce n’est pas une question de sécurité mais d’efficacité : sur des follicules vides, le tir ne détruit rien, et la séance serait payée pour rien. Le médecin préfère décaler de deux ou trois semaines. La première consultation d’une épilation laser à Rouen sert aussi à cela : noter la date de la dernière cire, examiner la peau, choisir le laser selon le phototype, Alexandrite ou Nd:YAG, et caler la première séance au moment où la repousse est là. Trois à quatre semaines de patience, et la cire devient un souvenir.
FAQ : épilation laser après la cire
Combien de temps après une épilation à la cire peut-on faire du laser ?
Trois à quatre semaines, le temps que les poils soient visiblement revenus : il faut avoir quelque chose à raser la veille de la séance. Dans le doute, on attend une semaine de plus plutôt que de traiter des follicules encore vides.
J’ai fait une cire une semaine avant ma séance, que se passe-t-il ?
La séance est reportée de deux à trois semaines. Ce n’est pas dangereux, mais le laser n’a rien à chauffer dans un follicule vide : le tir serait sans effet. Il faut le signaler au cabinet dès la prise de rendez-vous.
Peut-on faire de la cire entre deux séances de laser ?
Non. Les poils qui semblent repousser dans les semaines qui suivent un tir sont en train d’être expulsés, et les arracher retire aussi ceux que la séance suivante devait atteindre. Entre les séances, le rasoir est la seule méthode autorisée.
Des années de cire rendent-elles le laser moins efficace ?
Non. Un poil qui repousse après la cire repart en phase de croissance, celle que le laser cible. Seuls les poils devenus très fins ou clairs répondent moins bien, et une peau irritée ou tachée par l’arrachage est examinée avant le premier tir.
Faut-il se raser avant la séance quand on a arrêté la cire ?
Oui, la veille, une fois que les poils sont revenus. Le rasage laisse la tige dans le follicule, ce dont le laser a besoin, et évite que l’énergie soit gaspillée dans la partie visible du poil. On ne rase pas une zone encore nue.
La pince, le fil et la crème dépilatoire suivent-ils la même règle que la cire ?
La pince, le fil et l’épilateur électrique arrachent le poil : même délai de trois à quatre semaines. La crème dépilatoire laisse la racine en place mais irrite la peau : on l’arrête plusieurs jours avant, et on l’évite sur le visage.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Lehrer MS, Crawford GH, Gelfand JM, Leyden JJ, Vittorio CC. « Effect of wax epilation before hair removal with a long-pulsed alexandrite laser: a pilot study ». Dermatologic Surgery, 2003. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12562338
- Gan SD, Graber EM. « Laser hair removal: a review ». Dermatologic Surgery, 2013. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23332016
Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. Le délai, la technologie, les réglages et le nombre de séances sont évalués individuellement au cabinet.
