« Depuis que je fais mon maillot au laser, j’ai l’impression d’avoir plus de cystites. » La remarque revient en consultation, et elle mélange deux sujets. Le premier : une séance de laser peut-elle provoquer une infection urinaire ? La réponse est non, et l’on va voir pourquoi. Le second : le fait de retirer les poils du pubis joue-t-il un rôle dans les infections urinaires ? Là, une étude récente apporte un élément de réponse, qu’il faut lire avec soin.
Le laser ne touche pas la vessie
Une infection urinaire, le plus souvent une cystite, est une infection de la vessie par des bactéries venues de la flore digestive, qui remontent par l’urètre. Le laser d’épilation, lui, travaille dans la peau : sa lumière est absorbée par la mélanine du poil, deux à quatre millimètres sous la surface, sur le pubis et les grandes lèvres. Il ne coupe pas, n’ouvre pas la peau et ne tire jamais sur les muqueuses, où s’ouvre l’urètre. Ses suites normales sont cutanées : une rougeur, parfois quelques boutons autour des poils pendant un à trois jours. Rien de tout cela ne modifie ce qui se passe dans la vessie.
Ce que dit l’étude de 2023 sur l’épilation intégrale
Une équipe polonaise a interrogé 2 409 femmes de 18 à 45 ans sur leurs habitudes d’épilation et leurs infections urinaires de l’année écoulée. Deux tiers d’entre elles retiraient tous leurs poils pubiens au moins une fois par semaine. Ce groupe n’avait pas plus de risque d’avoir eu une cystite dans l’année que les autres. En revanche, il avait trois fois plus de risque d’infections urinaires récidivantes, c’est-à-dire trois épisodes ou plus en douze mois, après prise en compte de l’âge, des antécédents et de la vie sexuelle. L’hypothèse des auteurs : les poils pubiens abritent une flore protectrice et forment une barrière, et les retirer sans cesse la supprime.
Trois précisions s’imposent. C’est une étude par questionnaire, qui montre une association et non une cause. Elle porte sur l’épilation hebdomadaire, donc en pratique sur le rasoir et la cire, qui irritent la peau à chaque passage. Et elle n’a pas étudié le laser : personne ne sait aujourd’hui si une peau rendue durablement glabre par le laser se comporte comme une peau rasée chaque semaine.
Rasoir hebdomadaire et laser : ce qui change
Une autre étude, menée dans des consultations de gynécologie, a trouvé que six femmes sur dix s’épilant le pubis avaient eu au moins une complication, le plus souvent des écorchures et des poils incarnés. Ces microcoupures répétées sont une porte d’entrée pour les bactéries de la peau, et c’est précisément ce que le laser fait disparaître : plus de lame chaque semaine, plus d’arrachage, une peau qui n’est plus agressée. Ce que le laser ne rend pas, ce sont les poils eux-mêmes. Pour une femme sujette aux cystites à répétition, la question honnête est donc celle du tracé : un maillot classique ou échancré garde les poils du pubis et ne traite que les bords, un maillot intégral les retire tous. Le laser ne se défait pas : ce choix se fait avant la première séance, avec le médecin.
Brûlure en urinant après la séance : cystite ou peau irritée ?
C’est la confusion la plus fréquente. Dans les jours qui suivent une épilation laser du maillot, la peau des grandes lèvres est sensibilisée, et l’urine qui la touche pique. Cette brûlure se ressent à la fin de la miction et sur la peau, pas dans le bas-ventre. Une cystite se reconnaît à d’autres signes : des envies pressantes et répétées, une brûlure pendant toute la miction, des urines troubles ou teintées de sang. Dans le doute, une bandelette urinaire chez le médecin tranche en quelques minutes. Pour la peau, le traitement est simple : eau tiède, séchage en tamponnant, sous-vêtements en coton, pas de produit parfumé ni de frottement pendant 48 heures.
Cystite en cours, antibiotique : faut-il reporter ?
Une cystite simple ne contre-indique pas une séance : la peau n’est pas en cause. On reporte en revanche en cas de fièvre, de douleur dans le dos ou de fatigue marquée, qui signalent une infection plus haute et relèvent d’abord du médecin traitant. L’antibiotique, lui, se signale toujours. La fosfomycine en prise unique, la plus prescrite dans la cystite, n’est pas connue comme photosensibilisante. Les fluoroquinolones le sont, et incitent à décaler la séance de quelques jours après la fin du traitement, comme pour tout médicament de cette famille. On n’interrompt jamais un antibiotique pour une séance : c’est la séance qui se déplace.
Ce que l’on met en place au cabinet
La consultation note les infections urinaires à répétition comme n’importe quel antécédent, et c’est à ce moment que se discute le tracé du maillot. Les séances se font sur une peau saine, avec des consignes de suites adaptées à une zone de plis et de frottements. Une épilation laser à Rouen réalisée en cabinet médical permet aussi de faire la part des choses quand une brûlure urinaire survient après une séance, et d’orienter vers le médecin traitant ou le gynécologue si les cystites se répètent, car c’est à eux que revient ce suivi.
En résumé, le laser ne donne pas d’infection urinaire : il agit dans la peau, loin de la vessie. L’épilation intégrale répétée au rasoir est associée aux cystites récidivantes dans une étude, sans preuve de cause, et le laser supprime justement les microcoupures du rasoir. Reste le choix du tracé, à décider avant de commencer.
FAQ : épilation laser du maillot et infection urinaire
L’épilation laser du maillot peut-elle provoquer une infection urinaire ?
Non. Le laser agit dans la peau, à quelques millimètres de profondeur, sans couper ni ouvrir, et ne tire pas sur les muqueuses. Une cystite vient de bactéries digestives qui remontent l’urètre jusqu’à la vessie : une séance ne change rien à ce mécanisme.
J’ai des cystites à répétition, puis-je faire mon maillot au laser ?
Oui. Signalez-le en consultation, car cela pèse sur le choix du tracé : un maillot classique ou échancré garde les poils du pubis, un intégral les retire tous. Le laser supprime en revanche les microcoupures du rasage hebdomadaire. Le suivi des cystites reste du ressort du médecin traitant ou du gynécologue.
Ça brûle quand j’urine depuis ma séance, est-ce une cystite ?
Pas forcément. Une peau irritée pique au contact de l’urine, en fin de miction et en surface. Une cystite donne des envies pressantes et répétées, une brûlure pendant toute la miction, des urines troubles. Une bandelette urinaire chez le médecin fait la différence.
L’épilation intégrale favorise-t-elle les infections urinaires ?
Une étude de 2023 sur 2 409 femmes a trouvé trois fois plus d’infections urinaires récidivantes chez celles qui retiraient tous leurs poils pubiens chaque semaine, sans excès de cystite isolée. C’est une association, pas une cause démontrée, et elle concerne surtout le rasoir et la cire, pas le laser.
J’ai une cystite le jour de la séance, faut-il reporter ?
Pas pour la peau. On reporte si la cystite s’accompagne de fièvre, de douleur dans le dos ou d’une fatigue marquée, qui demandent d’abord un avis médical. Dans tous les cas, signalez l’antibiotique prescrit.
Antibiotique pour une cystite et épilation laser : est-ce compatible ?
Cela dépend de la molécule. La fosfomycine en prise unique n’est pas connue comme photosensibilisante. Les fluoroquinolones le sont : la séance se décale de quelques jours après la fin du traitement. On n’interrompt jamais un antibiotique pour une séance.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Galbarczyk A, Marcinkowska UM, Klimek M, Jasienska G. « Extreme pubic hair removal as a potential risk factor for recurrent urinary tract infections in women ». Scientific Reports, 2023. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37923873
- DeMaria AL, Flores M, Hirth JM, Berenson AB. « Complications related to pubic hair removal ». American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2014. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24486227
Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. Les infections urinaires relèvent du médecin traitant ou du gynécologue ; l’indication et les réglages d’une épilation laser sont évalués individuellement au cabinet.
