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Épilation laser et pilule : si j’arrête la pilule, les poils vont-ils revenir ?

La question arrive souvent au moment d’un projet de grossesse ou d’un arrêt de la contraception : « J’ai fait mon épilation laser sous pilule. Si j’arrête, est-ce que tout va repousser ? » La réponse tient en deux parties. Les follicules que le laser a détruits ne reviennent pas, pilule ou non. En revanche, l’arrêt peut réveiller d’autres follicules, que le laser n’avait jamais eu à viser, dans les zones sensibles aux hormones. Savoir lesquelles, et quand, évite les mauvaises surprises.

Ce que la pilule fait aux poils

Une pilule oestroprogestative bloque l’ovulation, ce qui réduit la production d’androgènes par les ovaires, et augmente dans le sang la protéine qui transporte la testostérone, ce qui laisse moins d’hormone active disponible pour le follicule. Certains progestatifs ajoutent un effet anti-androgène propre. Le résultat sur la pilosité est réel mais lent : un poil met plusieurs mois à changer de calibre, et les recommandations de l’Endocrine Society, qui placent la pilule en premier traitement de l’hirsutisme, demandent d’attendre six mois avant de juger son effet. Les mêmes recommandations conseillent le laser pour retirer les poils déjà présents : les deux approches ne s’opposent pas, elles s’additionnent.

Chez une femme sans excès de poils, elle ne change à peu près rien de visible. Chez une femme dont la pilosité dépend des androgènes, elle freine l’apparition de nouveaux poils épais sur le menton, le cou, le ventre ou l’intérieur des cuisses : c’est cette situation qui fait la différence le jour de l’arrêt.

Ce que le laser fait, et ne fait pas

Le laser détruit les follicules qui portent un poil épais et pigmenté au moment de la séance. Un follicule détruit ne produit plus de poil, quelles que soient les hormones qui circulent ensuite. Mais une zone hormonodépendante contient aussi un stock de follicules endormis, qui ne produisent qu’un duvet fin et clair : le laser ne peut pas les viser. Ce sont eux que les androgènes peuvent transformer en poils terminaux, des mois ou des années plus tard. Les poils qui apparaissent après un arrêt de pilule ne sont donc pas des poils « revenus », ce sont des poils nouveaux.

Ce qui se passe à l’arrêt

En quelques semaines à quelques mois, le terrain hormonal revient à ce qu’il était avant la pilule. Si la pilosité était discrète avant, elle le reste le plus souvent. Si la pilule masquait un hirsutisme, lié par exemple à un syndrome des ovaires polykystiques, les poils réapparaissent progressivement dans les zones androgénodépendantes, en général entre trois et six mois après l’arrêt, le temps que les follicules réveillés produisent un poil visible. Les jambes, les aisselles ou les avant-bras, peu sensibles aux hormones, ne bougent presque pas.

Un changement de contraception agit de la même façon qu’un arrêt. Passer d’une pilule à effet anti-androgène à un stérilet hormonal, à un implant ou à une pilule progestative seule retire la protection oestrogénique, et certains progestatifs ont une activité androgénique propre. Une pilosité qui apparaît dans les mois qui suivent un changement de méthode se signale au cabinet comme au gynécologue.

Faut-il choisir entre la pilule et le laser ?

Non, et surtout, aucune de ces deux décisions ne se prend pour l’autre. On n’arrête pas une pilule pour une séance, on n’en commence pas une pour que le laser marche mieux : la contraception et le traitement d’un éventuel trouble hormonal relèvent du médecin qui suit la patiente. La pilule n’est pas photosensibilisante et ne contre-indique aucune séance. La seule vigilance sur le visage concerne le mélasma, que la pilule favorise chez certaines femmes et que le médecin repère avant de régler le laser.

Quand l’arrêt est prévu pour une grossesse, il n’y a pas non plus d’urgence à « tout finir avant ». Les séances seront suspendues pendant la grossesse, mais ce qui a été fait reste acquis, et la reprise se fait quelques mois après l’accouchement, une fois les hormones stabilisées. Une série interrompue à mi-chemin reprend là où elle s’est arrêtée.

Des poils sont apparus après l’arrêt : que faire ?

D’abord les regarder de près. Des poils épais et foncés se traitent au laser, sur le visage par le médecin. Un duvet, même plus visible qu’avant, ne se traite pas : le laser y est peu efficace et expose à la repousse paradoxale. Ensuite, situer le contexte : des poils nouveaux qui s’étendent vite, des cycles irréguliers ou une acné qui revient justifient un bilan hormonal ; les recommandations le réservent aux pilosités de type hirsutisme, pas à quelques poils localisés avec des cycles réguliers. Enfin, accepter le principe des séances d’entretien : tant que les androgènes recrutent de nouveaux follicules, le laser traite ceux qui sortent, à un rythme qui s’espace avec le temps.

Ce que l’on met en place au cabinet

La consultation note la contraception en cours, un arrêt ou un changement récent, la régularité des cycles et les zones concernées. Le médecin distingue duvet et poil terminal, repère un éventuel mélasma sur le visage, et établit un plan où les zones hormonodépendantes sont annoncées pour ce qu’elles sont : efficaces à traiter, mais demandeuses d’entretien. Cette lecture des poils hormonaux chez la femme se fait avant la première séance. Une épilation laser à Rouen en cabinet médical permet aussi d’orienter vers un bilan plutôt que d’empiler des séances.

En résumé, épilation laser et pilule ne se gênent pas. L’arrêt de la pilule ne fait pas repousser ce que le laser a détruit ; il peut faire apparaître de nouveaux poils dans les zones hormonales, et c’est pour cela qu’un plan de traitement honnête prévoit l’entretien dès le départ.

FAQ : épilation laser et pilule

J’ai terminé mes séances sous pilule : si j’arrête, les poils vont-ils revenir ?

Les follicules détruits par le laser ne repoussent pas. Ce qui peut arriver, c’est l’apparition de poils nouveaux dans les zones sensibles aux hormones, menton, cou, ventre ou cuisses, surtout si la pilule masquait un excès d’androgènes. Ils se traitent par des séances d’entretien.

Non. La pilule n’est pas photosensibilisante et ne contre-indique aucune séance. On ne modifie jamais une contraception pour le laser : c’est une décision qui se prend avec le médecin qui la prescrit.

Ce n’est pas une décision esthétique. La pilule est le premier traitement médical de l’hirsutisme et peut freiner l’apparition de nouveaux poils, mais elle se prescrit pour des raisons médicales, par le gynécologue ou l’endocrinologue. Le laser traite les poils présents, avec ou sans pilule.

Le plus souvent entre trois et six mois. Les hormones reviennent à leur niveau d’avant en quelques semaines, puis les follicules réveillés mettent plusieurs mois à produire un poil visible.

Oui, dans certains cas. Ces méthodes ne contiennent pas d’oestrogène, et certains progestatifs ont une activité androgénique. Passer d’une pilule anti-androgène à l’une d’elles peut faire apparaître des poils. Cela se signale, sans jamais changer de méthode de son propre chef.

Ce n’est pas nécessaire. Les séances s’interrompent pendant la grossesse, mais ce qui a été fait reste acquis, et la série reprend quelques mois après l’accouchement, une fois les hormones stabilisées. Il n’y a rien à précipiter.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Martin KA, Anderson RR, Chang RJ, et al. « Evaluation and treatment of hirsutism in premenopausal women: an Endocrine Society clinical practice guideline ». The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2018. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29522147
  • van Zuuren EJ, Fedorowicz Z, Carter B, Pandis N. « Interventions for hirsutism (excluding laser and photoepilation therapy alone) ». Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25918921

Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale ni le suivi assuré par le gynécologue ou l’endocrinologue. Ne modifiez jamais une contraception sans avis médical. L’indication et le plan de séances sont évalués individuellement au cabinet.

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