Polyarthrite rhumatoïde, psoriasis, maladie de Crohn : le méthotrexate est l’un des traitements de fond les plus prescrits, le plus souvent en une prise par semaine, à petite dose. Sa notice parle de photosensibilité et d’immunité affaiblie, deux mots qui font hésiter avant une épilation laser. Les séances restent pourtant possibles dans la grande majorité des cas, à condition de distinguer ce que dit la notice de ce que montre la littérature.
La photosensibilité du méthotrexate n’est pas celle que l’on croit
Le mot figure sur la notice, et les agences du médicament rappellent de se protéger du soleil sous méthotrexate. Pourtant, les cas publiés ne décrivent pas une peau qui brûle plus vite. Ils décrivent une réactivation : un patient prend un coup de soleil, la rougeur s’efface, puis la prise de méthotrexate des jours suivants fait réapparaître la même rougeur, au même endroit, sans nouvelle exposition. Une équipe américaine a décrit dès 1995 un patient traité pour un psoriasis chez qui cette réactivation se répétait sur le visage, et a conclu, après revue des publications, que la littérature ne soutenait pas une vraie photosensibilité du méthotrexate.
La nuance compte pour le laser. Les lasers d’épilation du cabinet, l’Alexandrite à 755 nm et le Nd:YAG à 1064 nm, n’émettent aucun ultraviolet. Ils ne provoquent pas de coup de soleil, et aucune réactivation d’une rougeur de séance par le méthotrexate n’a été décrite. Mais cette particularité renforce une règle qui vaut pour tout le monde : on ne vient jamais à une séance avec une exposition solaire récente, puisqu’un coup de soleil même estompé peut se rallumer sous le traitement.
Le vrai point de vigilance : une peau qui se défend un peu moins
À dose hebdomadaire, le méthotrexate freine modérément l’immunité. Une méta-analyse de douze essais contrôlés, plus de mille patients, a chiffré cet effet : un risque d’infection augmenté d’un quart environ dans la polyarthrite rhumatoïde, sans augmentation des infections graves ni excès mesurable dans les autres maladies inflammatoires. Pour une séance d’épilation, cela ne se traduit pas par une interdiction, mais par une attention aux jours qui suivent.
Après un tir, la peau présente une rougeur et de petits gonflements autour des poils pendant quelques heures à deux jours, parfois quelques croûtes. Chez la plupart des gens, cela passe inaperçu. Sous méthotrexate, cette brève effraction mérite une hygiène rigoureuse : zone propre, pas de grattage, pas de bain chaud, de sauna ni de sport intense pendant 48 heures, et un appel au cabinet si une rougeur s’étend ou si un bouton devient douloureux. Une folliculite vue tôt se traite vite.
Ce que le médecin regarde avant la première séance
La première chose, c’est la peau elle-même. Le méthotrexate peut, rarement, donner des réactions cutanées sans rapport avec la lumière : éruptions, érosions sur des plaques de psoriasis, aphtes. Une peau qui présente ce type de lésion n’est pas traitée tant qu’elle n’est pas calme, et une plaque de psoriasis en poussée ne l’est jamais : on travaille à côté, sur une peau saine.
La seconde, c’est la stabilité du traitement. Un méthotrexate pris depuis des années à dose constante, avec un bilan sanguin régulier, ne pose aucune question. Un traitement récent, ou dont la dose vient d’être augmentée, incite à attendre quelques semaines, le temps que la tolérance soit connue. Enfin, une biothérapie ou une corticothérapie associée change le tableau plus que le méthotrexate seul.
Ce qui ne change pas
On ne suspend jamais le méthotrexate pour une séance d’épilation, ni la veille, ni la semaine de la séance. Sauter une prise expose à une poussée de la maladie, un risque sans commune mesure avec le report d’un rendez-vous. On ne modifie pas non plus l’acide folique qui l’accompagne. Si une question se pose sur le moment de la séance par rapport à la prise hebdomadaire, elle se règle entre le médecin laseriste et le médecin qui suit le traitement, jamais par le patient seul.
Le laser, lui, ne change rien au traitement : pas d’effet sur le système immunitaire, pas d’interaction avec la molécule, une action locale dans les premiers millimètres de la peau. Ce qui change, c’est le soin des suites.
Un bénéfice souvent oublié
Beaucoup de patients sous méthotrexate vivent mal le rasage quotidien : irritations, poils incarnés, micro-coupures, et pour le psoriasis le risque de voir une plaque apparaître sur une zone agressée à répétition. Supprimer durablement le poil supprime la cause. Chez l’homme, une épilation laser de la barbe, même limitée au cou et au bas des joues, met fin au rasoir là où il blesse le plus. Le laser ne soigne pas la maladie, mais il retire une agression quotidienne.
Ce que l’on met en place au cabinet
La consultation préalable recueille le traitement, la dose, l’ancienneté, les molécules associées et la date du dernier bilan. Le médecin examine la peau, écarte les zones en poussée, puis commence par un tir-test sur une petite surface, observé quelques jours avant d’étendre, avec des réglages progressifs et un refroidissement systématique. Une épilation laser à Rouen réalisée en cabinet médical permet aussi, en cas de doute, un échange direct avec le prescripteur.
En résumé, épilation laser et méthotrexate ne s’excluent pas. La photosensibilité de la notice est une réactivation de coup de soleil, que le laser ne provoque pas, et la vraie vigilance porte sur les suites d’une peau qui se défend un peu moins. Peau calme, traitement stable, suites soignées : les séances se déroulent normalement.
FAQ : épilation laser et méthotrexate
Faut-il arrêter le méthotrexate avant une séance d’épilation laser ?
Non, jamais, pas même la semaine de la séance. Sauter une prise expose à une poussée de la maladie, un risque bien plus sérieux que le report d’un rendez-vous. Une question de calendrier se règle entre le médecin laseriste et le prescripteur.
Le méthotrexate rend-il la peau plus sensible au laser ?
Pas directement. Les cas publiés décrivent une réactivation d’un coup de soleil récent par la prise de méthotrexate, et non une peau qui brûle plus vite. Le laser d’épilation n’émet pas d’ultraviolets et ne provoque pas de coup de soleil. Le médecin garde néanmoins des réglages progressifs et un tir-test.
Puis-je faire une séance si j’ai pris le soleil le week-end dernier ?
Non, et encore moins sous méthotrexate. Une peau récemment exposée est écartée pour tout le monde, parce qu’elle contient plus de mélanine active ; sous méthotrexate, un coup de soleil même estompé peut en plus se rallumer à la prise suivante. On attend que la peau soit revenue à sa couleur habituelle.
Y a-t-il un risque d’infection après la séance ?
Il est légèrement augmenté, sans gravité particulière d’après les essais disponibles. La prévention tient à des gestes simples : zone propre, pas de grattage, pas de bain chaud, de sauna ni de sport intense pendant 48 heures, et un appel au cabinet si une rougeur s’étend.
J’ai du psoriasis traité par méthotrexate, peut-on traiter les zones atteintes ?
On ne traite jamais une plaque en poussée. Sur une peau calme et en dehors des plaques, les séances sont possibles. Supprimer le poil retire même l’irritation du rasage, qui peut déclencher une nouvelle plaque chez certaines personnes atteintes de psoriasis.
Faut-il prévenir mon rhumatologue ou mon dermatologue ?
Pas pour une séance ordinaire, puisque rien ne change dans votre traitement. C’est utile si le traitement est récent, si la dose vient d’être modifiée, ou si le médecin laseriste a une question précise : il prend alors contact avec votre accord.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Guzzo C, Kaidby K. « Recurrent recall of sunburn by methotrexate ». Photodermatology, Photoimmunology & Photomedicine, 1995. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8546984
- Ibrahim A, Ahmed M, Conway R, Carey JJ. « Risk of infection with methotrexate therapy in inflammatory diseases: a systematic review and meta-analysis ». Journal of Clinical Medicine, 2018. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30583473
Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale ni le suivi assuré par le médecin prescripteur. La compatibilité entre un traitement et l’épilation laser est évaluée individuellement au cabinet. N’arrêtez jamais un traitement sans avis médical.
