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Épilation laser et bleus : un bleu après la séance est-il normal ?

Le soir de la séance ou le lendemain, de petits points violets autour de certains poils, parfois une marque plus large qui ressemble à un bleu. L’inquiétude est immédiate : le laser a-t-il abîmé quelque chose ? Le plus souvent, non. Ce bleu a une explication précise, il disparaît seul, et il sert à mieux régler la séance suivante.

Ce qui se passe sous la peau

Le laser d’épilation vise la mélanine du poil, mais il n’est pas le seul pigment à capter sa lumière : le sang en absorbe aussi une part. L’hémoglobine désoxygénée, celle du sang veineux, possède un pic d’absorption vers 760 nanomètres, tout près des 755 nanomètres de l’Alexandrite ; le Nd:YAG 1064 nanomètres pénètre assez profondément pour atteindre les petits vaisseaux. Si un capillaire passe au contact d’un follicule, il chauffe, laisse échapper quelques globules rouges, et c’est ce sang sorti du vaisseau que l’on voit : un purpura, le terme médical du bleu.

Ces deux longueurs d’onde servent d’ailleurs à traiter les varicosités. En 2002, une étude a comparé trois lasers sur les petites veines des jambes de trente femmes : à des réglages plus forts que ceux d’une épilation, l’Alexandrite à impulsion courte provoquait un purpura assez marqué pour en limiter l’usage, et les plus gros vaisseaux laissaient une pigmentation brunâtre transitoire. Le mécanisme est le même, en bien plus discret, quand un capillaire croise le faisceau pendant une épilation.

Normal ou pas : reconnaître un purpura

Après une séance, la peau rougit et chaque poil traité s’entoure d’un petit gonflement : c’est la réaction attendue, qui s’efface en un à deux jours. Le purpura se présente autrement : des points rouge violacé centrés sur les follicules, qui peuvent se rejoindre en une petite plaque. Un test simple les distingue : en appuyant un verre transparent sur la peau, la rougeur pâlit, le purpura reste visible. Il suit ensuite l’évolution d’un bleu ordinaire, du violet au vert puis au jaune, et disparaît en une à deux semaines sans laisser de trace.

La brûlure est une autre histoire : une douleur qui augmente au lieu de diminuer, une peau grise ou blanchâtre, une cloque, puis une croûte. Elle ne se soigne pas comme un bleu et doit être montrée au cabinet sans attendre.

Pourquoi certaines personnes marquent plus que d’autres

Les jambes, et surtout la face interne des cuisses et l’arrière des genoux, sont les zones les plus concernées, parce que les capillaires et les varicosités y affleurent sous une peau fine. Un traitement anticoagulant ou antiagrégant, comme l’aspirine prise au long cours, rend les bleus plus faciles : ce n’est pas une contre-indication, et ce traitement ne doit jamais être interrompu pour une séance. Les réglages comptent aussi : une impulsion courte et une énergie élevée concentrent la chaleur et favorisent le purpura.

Il existe enfin une forme rare, différente du petit purpura autour des poils : une éruption de taches violacées plus étendue. Un cas publié en 2018 chez une femme de cinquante ans, confirmé par un test de provocation, a disparu en cinq jours sous traitement médical. Décrite comme spontanément résolutive, elle doit tout de même être montrée à un médecin.

Que faire si un bleu apparaît

Peu de chose, et surtout ne pas aggraver. Du froid les premières heures, à travers un linge, quelques minutes à la fois. Ni massage, ni gommage, ni bain très chaud, sauna ou sport intense pendant 48 heures. Le principal risque vient du soleil : un bleu exposé peut laisser une tache brune qui dure des semaines, d’où une protection stricte jusqu’à sa disparition. Une photo envoyée au cabinet permet de le vérifier et de le noter au dossier.

Il faut consulter si le bleu grossit, devient douloureux ou se couvre d’une cloque, si des taches apparaissent loin de la zone traitée, ou si des bleus surviennent sans raison, avec des saignements des gencives par exemple : un bilan sanguin s’impose alors, indépendamment du laser.

Et si l’on a déjà un bleu le jour de la séance ?

Un bleu dû à un choc, c’est du sang sorti des vaisseaux, puis de l’hémosidérine, un pigment brun : l’un et l’autre absorbent la lumière du laser. Tirer dessus revient à chauffer une tache pigmentée : risque de brûlure et de marque brune durable. La zone est donc contournée avec une marge, ou la séance reportée si le bleu couvre une grande surface, le temps qu’il ait complètement disparu, soit une à deux semaines. Il suffit de le signaler en arrivant ; la règle vaut aussi après une sclérothérapie récente.

La séance suivante

Un purpura n’empêche pas de poursuivre le programme. On attend que la marque ait disparu, puis le médecin adapte les réglages : une impulsion plus longue, une énergie ajustée, parfois l’autre longueur d’onde, et un tir-test sur la zone qui avait marqué. Sur une épilation laser des cuisses, où les séances sont espacées d’environ huit semaines, cette adaptation suffit en général à ne plus revoir de bleus à la séance suivante.

En résumé, un petit bleu après une épilation laser est le plus souvent un purpura bénin, lié à un capillaire chauffé au passage, qui s’efface seul en une à deux semaines avec du froid, de la patience et une vraie protection solaire. La consultation qui précède toute épilation laser à Rouen sert aussi à cela : repérer les varicosités, les traitements qui fluidifient le sang et les bleus déjà présents, pour régler le laser en conséquence.

FAQ : bleu après une épilation laser

Est-ce normal d’avoir un bleu après une épilation laser ?

Cela arrive, surtout sur les jambes, et c’est le plus souvent bénin. Le sang absorbe aussi une part de la lumière : un capillaire proche d’un follicule chauffe et laisse échapper un peu de sang. Ce purpura disparaît seul, mais il se signale pour adapter les réglages.

En général une à deux semaines. Il évolue comme un bleu ordinaire, du violet au vert puis au jaune, et s’efface sans trace s’il est protégé du soleil. Une marque qui grossit, devient douloureuse ou se couvre d’une cloque doit être montrée au cabinet.

Non. Le sang et l’hémosidérine du bleu absorbent la lumière du laser, avec un risque de brûlure et de tache brune. La zone est contournée, ou la séance reportée jusqu’à la disparition complète du bleu, soit une à deux semaines. Il suffit de le signaler en arrivant.

Jamais. Un anticoagulant ou un antiagrégant comme l’aspirine prise au long cours n’est pas une contre-indication : il rend seulement les bleus plus faciles. Il se signale au médecin, qui en tient compte, mais ne s’interrompt pas pour une épilation.

Pas forcément. Il traduit l’absorption de la lumière par un petit vaisseau, plus fréquente avec une impulsion courte sur une zone riche en capillaires. Ce n’est ni une brûlure ni le signe d’une séance plus efficace : la suivante est simplement réglée autrement.

Si le bleu s’étend, fait mal ou forme une cloque, si des taches apparaissent loin de la zone traitée ou dans les jours qui suivent, ou si des bleus surviennent sans raison ailleurs. Dans ce dernier cas, un bilan sanguin s’impose, indépendamment du laser.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Eremia S, Li C, Umar SH. « A side-by-side comparative study of 1064 nm Nd:YAG, 810 nm diode and 755 nm alexandrite lasers for treatment of 0.3-3 mm leg veins ». Dermatologic Surgery, 2002. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11896773
  • Al-Hargan A, Ghobara YA, Al-Issa A. « Purpura induced by laser hair removal: a case report ». Journal of Medical Case Reports, 2018. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29482647

Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. Une marque qui s’étend, fait mal ou s’accompagne d’autres bleus doit être examinée. L’indication, la technologie et les réglages sont évalués individuellement au cabinet.

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