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Épilation laser après la lumière pulsée : quel délai, faut-il tout recommencer ?

Six, huit, parfois dix séances de lumière pulsée en institut ou avec un appareil à domicile, et des poils toujours là, moins nombreux mais bien visibles. Le parcours est fréquent, et il amène trois questions : peut-on passer au laser, combien de temps faut-il attendre, et les séances déjà faites comptent-elles ? Les réponses tiennent à la différence entre les deux technologies et à l’état des poils qui restent.

Pourquoi la lumière pulsée laisse souvent des poils

La lumière pulsée n’est pas un laser. Elle émet un flash de lumière blanche dont une partie du spectre est filtrée, et dont une fraction seulement est absorbée par le pigment du poil. Le laser émet une seule longueur d’onde, choisie pour cette cible : 755 nm pour l’Alexandrite, 1064 nm pour le Nd:YAG, les deux lasers utilisés au cabinet pour l’épilation. À énergie égale, le laser concentre donc davantage de chaleur dans le follicule.

En pratique, la lumière pulsée est souvent réglée prudemment, et les appareils à domicile sont bien moins puissants que ceux des instituts. Beaucoup de follicules sont alors affaiblis plutôt que détruits : le poil repousse plus fin, plus clair, plus lentement, puis revient. L’écart a été mesuré. Dans un essai mené chez 38 femmes atteintes d’un syndrome des ovaires polykystiques, donc d’une pilosité tenace, chacune a reçu six séances de laser Alexandrite d’un côté du visage et six séances de lumière pulsée professionnelle de l’autre. Six mois plus tard, la réduction des poils atteignait 46 % côté laser contre 27 % côté lumière pulsée, et les patientes restaient sans poils sept semaines en médiane d’un côté, contre deux semaines de l’autre.

Peut-on passer au laser, et quand ?

Oui, et rien ne s’y oppose. Le délai ne tient pas à la lumière pulsée elle-même mais à deux conditions. La peau doit être calme : pas de rougeur, pas de brûlure en cours de cicatrisation, pas de tache récente. Et des poils doivent être revenus sur la zone, parce que le laser vise le pigment d’un poil en phase de croissance, dite anagène : une zone encore nue après le dernier flash n’offre aucune cible au faisceau.

Le bon repère est donc la repousse plus que le calendrier. En pratique, cela rejoint l’intervalle habituel entre deux séances de laser : au moins quatre semaines sur le visage, six à huit semaines sur le corps. Entre-temps, on se rase, sans cire ni pince qui arracheraient le poil dont le laser a besoin, et l’on évite le soleil et l’autobronzant, comme avant toute séance.

Les séances déjà faites comptent-elles ?

Pas comme des séances de laser, mais leur effet est acquis. Les follicules détruits par la lumière pulsée ne reviendront pas, et la zone de départ est souvent moins dense qu’une zone jamais traitée. Le nombre de séances de laser nécessaires ne se déduit pourtant pas de ce qui a été fait. Il dépend de ce qui reste : la densité, l’épaisseur et surtout la couleur des poils.

Des poils restés épais et foncés répondent en général très bien au laser, qui les atteint là où la lumière pulsée n’y parvenait pas. Des poils devenus fins et clairs sont plus difficiles : ils absorbent peu l’énergie, et le laser peut ne plus avoir de prise. Pour les poils blonds, blancs ou roux, aucune lumière ne fonctionne, et la seule méthode qui détruit le follicule poil par poil est l’épilation électrique.

Le piège des poils fins : la repousse paradoxale

Une chaleur insuffisante sur un poil fin peut avoir l’effet inverse de celui recherché et stimuler la pousse. Ce phénomène, appelé repousse paradoxale, est rare mais documenté, principalement après la lumière pulsée et le laser Alexandrite, et plutôt sur le visage, le cou et le bas des joues. Si une zone semble plus fournie qu’avant les séances de lumière pulsée, il faut le dire en consultation : le médecin en tient compte pour choisir la technologie et les réglages, ou pour renoncer à traiter un duvet.

Ce que la lumière pulsée a pu laisser sur la peau

Un flash mal réglé ou une peau bronzée peuvent laisser une tache brune, une zone plus claire ou une petite brûlure. Ces marques sont examinées avant tout tir : une tache récente se laisse d’abord estomper, et une zone dépigmentée se traite avec prudence, voire pas du tout. Sur une peau mate ou foncée, qui a souvent mal toléré la lumière pulsée, le Nd:YAG est généralement préféré, parce que sa longueur d’onde est moins absorbée par la mélanine de la peau.

Ce que l’on fait à la première consultation

Le médecin reconstitue l’historique : nombre de séances, institut ou appareil à domicile, date du dernier flash, réactions éventuelles. Il examine ensuite la zone, le phototype et les poils restants, choisit la technologie et fait un test sur une petite surface. La suite se déroule comme une épilation laser à Rouen classique. La lumière pulsée, elle, s’arrête : alterner les deux techniques sur la même zone brouille le suivi sans bénéfice démontré.

FAQ : épilation laser après la lumière pulsée

Combien de temps attendre entre la lumière pulsée et le laser ?

Le temps que la peau soit calme et que les poils soient revenus sur la zone, soit en général au moins quatre semaines sur le visage et six à huit semaines sur le corps. Une peau encore rouge, brûlée ou tachée impose d’attendre davantage.

Non. Leur effet reste acquis, car les follicules détruits ne repoussent pas, mais le programme de laser se construit sur ce qui reste. Des poils foncés et épais demandent moins de séances que des poils devenus fins et clairs.

Souvent, s’ils sont restés foncés, parce que le laser concentre davantage d’énergie dans le follicule. S’ils sont devenus blonds, blancs ou roux, ni le laser ni la lumière pulsée ne les atteignent, et l’électrolyse prend le relais.

Oui, avec le même délai. Il faut en revanche ranger l’appareil pendant toute la durée des séances de laser et signaler son utilisation, car il a pu laisser des taches ou affaiblir les poils sans les détruire.

Ce n’est pas conseillé. Alterner les deux techniques rend les réglages et le suivi plus difficiles, sans bénéfice démontré. Une fois le laser commencé, on s’y tient jusqu’à la fin du programme.

C’est possible mais rare : une chaleur insuffisante sur un duvet peut le stimuler, c’est la repousse paradoxale. Elle concerne surtout le visage et le cou. Le médecin l’évalue avant de décider s’il faut traiter la zone, et comment.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • McGill DJ, Hutchison C, McKenzie E, McSherry E, Mackay IR. « A randomised, split-face comparison of facial hair removal with the alexandrite laser and intense pulsed light system ». Lasers in Surgery and Medicine, 2007. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18081147
  • Haedersdal M, Gøtzsche PC. « Laser and photoepilation for unwanted hair growth ». Cochrane Database of Systematic Reviews, 2006. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17054211

Contenu informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. L’indication, la technologie, les réglages et le nombre de séances sont évalués individuellement au cabinet.

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